Le cauchemar des fermes à bile d'ours d'Asie

Source: https://fr.worldanimalprotection.ca/pour-en-finir-avec-lindustrie-de-la-bile-dours

En cette journée mondiale pour le sauvetage des ours, nous avons souhaité rédiger un bref article au sujet des fermes à bile d’Asie.

Un contexte mondial très défavorable

Beaucoup de bouleversements sociétaux, économiques, culturels, ont ébranlé le monde tel que nous le connaissions, depuis la crise pandémique mondiale à laquelle nous devons faire face. Le Covid-19 est responsable d’un climat de panique généralisé autour de la planète, menant à des décisions hâtives, soudaines, aboutissants à des échecs, ou se moquant de la raison. La peur, mauvaise conseillère, laisse place à des pensées magiques dans certains pays asiatiques, selon lesquelles ce virulent virus pourrait être soigné par des remèdes mystiques, tout droit sortis de vieux grimoires ancestraux.

Histoire et allégations thérapeutiques de cette substance

L’usage de la bile d’ours existe depuis des centaines d’années. Certaines légendes japonaises relateraient que les samouraïs en buvaient avant les combats, afin de se procurer des pouvoir divins, proches de l’immortalité, et s’assurer la victoire. Cette sécrétion du foie, stockée au niveau de la vésicule biliaire, est utilisée couramment depuis le 8 -ème siècle en médecine traditionnelle chinoise, notamment pour dissoudre les calculs biliaires. (National Geographic, 2020). Ces vieux écrits ont traversé les âges, jusqu’à aujourd’hui, puisque les croyances communes conférent à cette substance des actions anti-inflammatoires et aphrodisiaques. Ainsi, cette « précieuse » ressource est vendue pour plus de 170 euros le gramme séché, véritable mine d’or pour les populations locales. Mais, la production et vente de cette substance semble s’accroitre de manière effrénée, depuis la pandémie mondiale qui nous submerge. En effet, alors que le gouvernement chinois venait de statuer pour interdire de manière permanente la consommation d’animaux sauvages à des fins alimentaires (en février 2020), connue comme étant la source avérée du virus covid-19, il vient de préconiser l’usage de la bile d’ours comme traitement du dit virus (Géo, 2020). Ce véritable paradoxe alarme et inquiète grandement les associations mondiales de protection de la faune et de la flore sauvage. En effet, cette substance a été indexée par Pékin dans la liste répertoriant l’arsenal de lutte contre le virus, publiée le 4 mars 2020, y vantant les effets du Tan Re Qing, injection à base de bile d’ours, de corne de chèvre, et de plantes (National Geographic 2020). L’OMS ne donne toutefois aucun crédit à ces allégations thérapeutiques, mais il n’en fallait pas plus pour relancer le commerce légal et illégal de cette ressource.

Le positionnement du gouvernement chinois

En 1989, la loi chinoise de protection de la faune autorisait l’utilisation des animaux comme ressource au service des bénéfices humains. L’amendement de 2016, est venu par la suite renforcer la légitimité d’une loi perçue comme archaïque, en expliquant « que les animaux pouvaient être utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise » (National Geographic, 2020). La subtilité de la loi, réside dans le caractère sauvage ou captif des animaux employés à de telles fins. Cependant, les trafiquants se frottent les mains, comme le rapporte Aaron White, militant au sein de l'Environmental Investigation Agency (EIA), une ONG qui dénonce les pratiques criminelles liées aux espèces sauvages « Nous avons constaté que les recommandations du gouvernement étaient reprises par les trafiquants pour promouvoir leurs produits illégaux comme traitement ». En effet, l’espèce la plus fréquemment exploitée pour la bile est l’ours noir d’Asie (Ursus Thibetanus) qui figure sur la liste des espèces protégées dans le cadre de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) contrôlant les échanges transfrontaliers de produits issus de la faune. Cette espèce d’ours ne se reproduisent pas ou très peu en captivité « les éleveurs achetaient donc les oursons à des braconniers qui tuaient souvent les mères pour capturer les petits » (One Voice, 2020), l’appellation « en captivité », qui est légale, n’a ainsi plus aucun sens, puisqu’il s’agit de prélever des espèces sauvages dans leur environnement naturel, bouleversant les écosystèmes et la chaine trophique !

L’enfer sur terre existe

Dans de minuscules cages exiguës de 8 m2, des ours sont allongés les uns à la suite des autres, incapables de se lever, et dans la quasi-impossibilité de se retourner. A l’âge de 1 an peut commencer leur torture, qui durera des dizaines d’années pour les plus résistants, ou les moins chanceux…Ces puissants animaux sont drogués, ou partiellement endormis, afin que leur abdomen puisse être percé à de multiples reprises par une aiguille de 20 cm plongée directement dans leur vésicule biliaire, sans stérilisation ou désinfection préalable. Cette manipulation peut s’effectuer jusqu’à 4 fois par ans, ces ours ne trouvent la paix que dans la mort, si aucune âme bienveillante ne vient les libérer. « Parfois, quand l’ours est endormi, on lui coupe une patte pour faire de la soupe, sans le tuer, comme nous l’avons documenté. Dans tous les cas, les animaux finissent à la boucherie, leur chair étant également très convoitée » (One Voice, 2020).

Source: Quatre pattes

Quel futur pour cette industrie barbare ?

Le gouvernement Vietnamien souhaite, lui, « mettre un point final à cette activité dans l’ensemble du pays à l’échéance de 2022 ». S’il s’agit d’une magnifique nouvelle, les associations de protection de la faune restent toutefois méfiante quant à l’application de telles mesures, Matt Wills (conseiller chez Wildlife at Risk, organisation de protection de la nature, basée à Hô Chi Minh-Ville) « Les organisations écologistes font le maximum, mais elles sont impuissantes sur le plan légal. On ne peut pas s’attaquer au problème tant que le gouvernement vietnamien n’applique pas sérieusement ses propres lois et ne reprend pas en main une industrie qu’il a laissée échapper à son contrôle.” Il apparait très clairement que les consciences locales s’éveillent petit à petit, attentifs au fait que ce commerce est très mal vu à l’étranger « Les Vietnamiens se sont rendus compte que le trafic de la bile d’ours avait mauvaise presse et que cela renvoyait une mauvaise image pour le tourisme »  Tous les pays asiatiques ne sont pas encore sur la même longueur d’onde concernant le tournant que prendra cette industrie dans les années à venir, le Cambodge et l’Indonésie restent, quant à eux, accrochés à cette tradition (Natura Sciences, 2019).

Démantèlement d'un réseau et conférence de presse organisée au Québec. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1113414/trafic-commerce-illegal-ours-saguenay-cote-nord

Comment agir ?

Nous nous sentons souvent démunis et impuissants face à la misère des événements survenant à l’autre bout du globe, et pourtant, votre voix compte ! Voici quelques leviers d’action à mettre en place afin d’aider la cause des ours à bile :

-          Ecrire une lettre au gouvernement chinois, en mentionnant votre écœurement face à de telles pratiques

-          Signer les nombreuses pétitions dont nous vous mettons quelques liens ci-dessous

-          Soutenir les nombreuses associations de protection des animaux par des commentaires et paroles réconfortantes sur les réseaux sociaux ou par mail (liens ci-dessous)

-          Leur faire des dons, afin que ces dernières puissent sortir les ours de cette vie misérable, et les placer dans des sanctuaires

-          Acheter des articles dans leurs boutiques, ou dans celles de leurs entreprises partenaires qui reversent une partie des fonds à cette cause

-          Parrainez un ours chez Animals Asia  

-          Envoyez un cadeau à un ours sauvé d’une ferme à bile 

-          Mobiliser votre entreprise et vos collaborateurs, cela donnera une belle image de votre société et aura de plus grandes retombées 

-          Léguer quelque chose à la fin de votre vie, afin que votre amour pour la faune asiatique perdure 

-          Participer à nos ateliers solidaires, faire un don dans notre module « cause animale »

-          Et… surtout… ne restez jamais silencieux ! Parlez-en, sensibilisez les gens, râliez les à cette cause. Plus nous ferons du bruit, plus le scandale éclatera. Chez Louve Papillon, nous pensons qu’un battement d’aile de ce petit lépidoptère peut provoquer un ouragan dans l’autre Hémisphère. Cette pensée est à l’origine du nom de notre société, alors, à vous de jouer !  

Depuis maintenant une année, l’entreprise Louve Papillon voue un soutien inconditionnel à l’égard de l’Association Animals Asia, qui lutte activement (entre autres) pour mettre fin aux pratiques barbares perpétrées en Asie dans les fermes à bile d’ours. Cette incroyable association sauve ces animaux afin de les relâcher dans des sanctuaires dédiés, ou ils peuvent mener une existence paisible et heureuse, telle qu'ils le méritent, comme tout être vivant. De notre côté, organisons des levées de fonds régulières, des ateliers solidaires reversés à leur association, nous parrainons les ours Vandrew et Bubu. Nous communiquons beaucoup à leur sujet. Nous reversons également 10% de nos bénéfices sur nos produits finis aux associations de protection des animaux dont Animals Asia.

Jasper, ours sauvé par Animal Asia, prend un bain dans son nouveau lieu de vie. Source: https://www.flickr.com/photos/animalsasia/26676440846/in/dateposted-public/ (pour plus de photos d'ours sauvés)

Auteur: Hélène PRINDEZIS, diplômée d'un master Universitaire en Sciences environnementales, spécialiste en biodiversité. Assistante de direction secteur commercial chez Louve Papillon Swiss Sarl 

A Payerne, le 21 février 2021

Dons :

Association Animals Asia : https://www.animalsasia.org/de/get-involved/fundraise.html

Association quatre pattes en Suisse : https://www.quatre-pattes.ch/aider-agir/dons

Association One Voice : https://one-voice.fr/fr/public/donator_transactions/save_updates

Association PETA : https://secure.petaasia.com/page/23505/donate/1?ea.tracking.id=bar

Association Protection mondiale des animaux: https://fr.worldanimalprotection.ca/pour-en-finir-avec-lindustrie-de-la-bile-dours

Pétitions :

Association quatre pattes en Suisse : https://help.four-paws.org/de-CH/hilf-vietnams-traurigsten-baeren

Mes opinions : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/stoppons-trafic-bile/6727

Change.org : https://www.change.org/p/monsieur-zhai-jun-pour-sauver-les-ours-mutil%C3%A9s-pour-leur-bile-en-asie

Sauvons la forêt : https://www.sauvonslaforet.org/actualites/9678/horrible-la-chine-recommande-la-bile-dours-contre-le-covid-19

30 millions d’amis : https://www.30millionsdamis.fr/la-fondation/nos-combats/les-actions-a-travers-le-monde/action/18-animals-asia-foundation-libere-les-ours-mutiles-pour-leur-bile/

Association Protection mondiale des animaux: https://fr.worldanimalprotection.ca/pour-en-finir-avec-lindustrie-de-la-bile-dours

Références 

Chine: l'ours et sa bile sacrifiés sur l'autel du coronavirus. (2020, Avril 2). Récupéré sur GEO: https://www.geo.fr/environnement/chine-lours-et-sa-bile-sacrifies-sur-lautel-du-coronavirus-200370

Deb, C. (2020, avril 08). Asie: l’horreur du trafic de la bile d’ours continue. Récupéré sur Natura Sciences: https://www.natura-sciences.com/environnement/ferme-bile-ours-asie.html

Dien, A. (2010, avril 14). Trafic. La bile d’ours, un business très rentable. Récupéré sur Courrier International: https://www.courrierinternational.com/article/2010/04/01/la-bile-d-ours-un-business-tres-rentable

FOBAR, R. (2020, mars 26). La Chine préconise la bile d'ours pour lutter contre le coronavirus. Récupéré sur National Geographic: https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2020/03/la-chine-preconise-la-bile-dours-pour-lutter-contre-le-coronavirus

LA SOUFFRANCE DES OURS À BILE AU VIETNAM. (2020, Avril 16). Récupéré sur Quattre Pattes: https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/themes/aide-ours/our-a-bile

Mothé, J. (2020, avril lundi 6). La bile d’ours : la fin d’une torture séculaire au Vietnam. Récupéré sur One Voice: https://one-voice.fr/fr/blog/la-bile-dours-la-fin-dune-torture-seculaire-au-vietnam.html

 


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